Refuser un coup de main peut sembler anodin. Pourtant, dans les relations de travail comme dans la vie quotidienne, refuser un don ou une aide peut être perçu comme un rejet. Ce malentendu fragilise les liens sociaux et peut déclencher un conflit.
Refuser un don : plus qu’un simple « non »
Mi-novembre inondation chez moi. Pour gérer l’urgence, il faut sortir le gros tracteur. (Une image qui parle à la fille d’agriculteur haut-savoyard que je suis !).
Absente deux jours de la fac, je vois les propositions d’aide pleuvoir sur WhatsApp. Je décline, poliment. J’ai ce qu’il me faut.
Fin de l’histoire ? Non. Déclenchement d’un conflit avec une de mes camarade, vexée.
Les conséquences sur la relation
Le paradoxe de l’autonomie Sur le coup, j’ai trouvé la réaction de ma camarade puérile. Puis, la voix de l’anthropologue Marcel Mauss m’a rappelé une vérité fondamentale :
« Refuser de prendre équivaut à déclarer la guerre ; c’est refuser l’alliance et la communion. »
En management comme dans la vie, nous pensons que l’autonomie est une vertu. Mais refuser un don, c’est envoyer trois messages violents sans le savoir :
L’Exclusion : « Reste à ta place. » Sans échange, il n’y a pas d’alliance possible.
La Disqualification : « Ce que tu proposes n’a pas de valeur. » On ne rejette pas seulement l’objet (les notes), on rejette l’effort de l’autre.
Le Refus de l’interdépendance : « Je ne veux rien te devoir. » En refusant la « dette », on refuse d’entrer dans le cycle de la réciprocité qui fonde le collectif.
L’impact en entreprise Refuser un coup de pouce, c’est priver un collaborateur d’un moment de fierté et du sentiment d’utilité. C’est une agression invisible. Dans nos organisations assoiffées de sens, ne pas laisser l’autre aider, c’est le déconnecter du groupe.
Choisir la relation plutôt que l’efficacité
Avec du recul, il est possible de voir ces situations comme des opportunités de coopération. Accepter un don, même si l’on n’en a pas réellement besoin, peut renforcer l’esprit d’équipe et éviter des tensions inutiles. Le rapport coût-bénéfice est souvent en faveur de l’acceptation : un petit effort de notre part peut apporter beaucoup à la personne qui propose son aide.
Ceci est un résumé. Pour lire la version intégrale de l’article, rendez-vous sur le site RH Info où il a été initialement publié.
